Experts et grand public : quelles perceptions face au risque ?

> Les familles sur lesquelles le public apporte plus d’adhésion que les institutionnels

 

 — 1 — OPINION NEGATIVE SUR LES EXPERTS SCIENTIFIQUES INSTITUTIONNELS

Les experts scientifiques se cachent derrière la complexité de leurs études pour ne pas communiquer 42% - 15%

Les experts scientifiques sont coupés du reste de la société 33% - 14%

Les experts scientifiques sont trop spécialisés pour avoir une vue large d’un problème 44% - 29%

Le développement de la science et des technologies crée plus de risques qu’il n’en supprime. 31% - 14%

Les experts scientifiques sont trop souvent soumis à des pressions économiques 82% - 48%

Un expert scientifique n’est jamais indépendant 56% - 36%

Le développement de la science et des technologies génère plus de bénéfices que d’effets néfastes. 44% - 60%

La participation d’associations écologistes lors de la réalisation d’une expertise est une bonne chose 74% - 60%

Cette famille traduit une remise en cause de l’expertise et de la science. On adhère aux expressions qui dénoncent le rôle des experts ou remettent en cause le système d’expertise existant (demande de participation des écologistes). Le diplôme n’influence pas les réponses du public. Les institutionnels non diplômés sont plus sensibles aux propositions de cette famille par rapport aux autres. C’est naturellement ici que les différences entre public et institutionnels sont les plus importantes.

 

 — 2 — OPINION NEGATIVE SUR LES AUTORITES

• Les décideurs politiques ne s’appuient pas assez sur les experts scientifiques 64% - 51%

• Les autorités manquent d’efficacité pour protéger les populations face à un risque 69% - 44%

• Beaucoup de risques pourraient être diminués si les entreprises et les administrations étaient mieux organisées 86% - 72%

• La France doit investir encore plus en matière de recherche pour l’environnement 87% - 90%

• C’est à l’Etat de financer les recherches en matière de risque 81% - 64%

• Les décideurs politiques doivent toujours suivre les avis des experts scientifiques 57% - 52%

Comme précédemment, on semble remettre en cause non plus les experts mais les Autorités. Ici, ce sont les experts qui doivent être entendus. Les diplômés n’adoptent pas ces attitudes contrairement aux non diplômés.

 

 — 3 — PRUDENCE DANS LES EXPERTISES

Les experts scientifiques doivent pouvoir guider la recherche 87% - 82%

Respecter les règles c’est le meilleur moyen de diminuer un risque 88% - 77%

Il faut être certain des avis des experts scientifiques avant d’informer les populations 80% - 68%

Les experts scientifiques doivent prévoir les risques avant même qu’on ne leur demande 65% - 54%

En matière de risque, il est normal de prendre toutes les précautions même lorsque les experts scientifiques n’ont que des doutes 85% - 73%

On en demande toujours plus face au risque et l’incertitude est à bannir. On prône ici encore plus de prudence dans l’expertise. Les peu diplômés veulent plus de prudence dans l’expertise.

 

 — 4 — DENEGATION DU RISQUE

On exagère le problème des risques d’accidents industriels et de pollution 17% - 12%

Au nom de la protection de l’environnement, on met en péril le développement économique de la France 27%-10%

Les associations sur l’environnement sont alarmistes 51% - 43%

Les experts scientifiques sont alarmistes 27% - 14%

Les avis scientifiques ne peuvent pas être compris par le public 30% - 20%

Informer sur un risque inquiète plus que ça ne rassure 43% - 28%

Les experts scientifiques prennent trop la place des décideurs politiques 13% - 10%

Cette famille est le reflet de discours qui se caractérise plutôt par la dénégation du risque avec des attitudes pour la plupart très pessimistes. Ce sont les personnes peu diplômées qui adhèrent à ces propositions qu’ils appartiennent au public ou aux institutionnels.

La synthèse de l’étude PERPLEX — IRSN & partenaires : Ademe, Afssa, Ifen, Ineris, Inra, InVS — © IRSN - février 2007.