Experts et grand public : quelles perceptions face au risque ?

> Les analyses présentées dans les paragraphes précédents ont été effectuées sur la confiance et la vérité

 

Comme pour l’importance du risque, les situations se regroupent en 4 familles. Elles ressemblent fortement à celles présentées pour l’importance du risque, avec quelques différences notables, toutefois. Ainsi, la famille liée aux risques de la société industrielle se sépare en deux. Une famille est formée essentiellement par les questions sur le nucléaire et le chimique (installations, déchets, transport), tandis que les questions sur la pollution (atmosphérique, des lacs et des rivières, pesticides) forment une famille séparée. La famille des risques individuels est identique. Enfin, les risques émergents et les risques familiers se mélangent au sein d’une même famille.

Cette similitude au niveau des familles témoigne de la forte relation qui existe entre confiance et vérité. Ceci signifie que l’on accorde sa confiance aux autorités pour faire face à une situation à risque dans la mesure où l’on croit que la vérité est dite sur cette situation et inversement.

Il est intéressant d’observer que les pourcentages obtenus pour les questions confiance et vérité sur des sujets identiques sont souvent très différents, présentant des décalages vers le haut ou le bas. Par exemple, on observe des niveaux de confiance égaux à 58% pour les experts et à 34% pour le public sur les « centrales nucléaires », des taux qui s’effondrent respectivement à 35% et 17% en matière de vérité. En même temps, les niveaux de confiance observés pour la « drogue » en matière de confiance, respectivement 34% et 27%, montent à 65% et 47% en matière de vérité. Cependant, ces différences aux niveaux des pourcentages s’accompagnent de fortes corrélations entre items homologues, et ce dans les deux populations. Si on représente graphiquement la confiance en fonction de la vérité dite pour le public, on obtient la figure 1 où il apparaît clairement que les deux aspects sont dépendants l’un de l’autre. Les décalages observés (situations très en dessous ou très au dessus de la diagonale) ne se font pas au hasard. En haut de la diagonale, les situations à risque individuel sur lesquels chacun peut agir au quotidien ; en dessous, les risques de la société industrielle sur lesquels les personnes ne peuvent agir.

Graphique n°1 : Confiance accordée en fonction de la vérité dite

La synthèse de l’étude PERPLEX — IRSN & partenaires : Ademe, Afssa, Ifen, Ineris, Inra, InVS — © IRSN - février 2007.