Experts et grand public : quelles perceptions face au risque ?

> Un public qui classe les risques dans le même ordre que les institutionnels

 

Après avoir examiné l’expression de ces deux populations face au risque, les situations ont été ordonnées entre elles selon leurs réponses aux trois questionnements. Dans cette hiérarchisation, peu de différences subsistent entre public et institutionnels.

Tableau n°3 : les 27 situations à risques classées selon les trois aspects étudiés : risque perçu, confiance aux autorités et vérité dite - Perplex

Sur le tableau n°3, les 27 situations ont, à quelques exceptions près, la même place dans le classement qu’elles soient jugées par le public ou par les institutionnels. Le passage d’une tonalité verte qui indique une bonne place4 dans le classement aux tons rouges caractéristiques des situations mal classées est relativement rare.

Seules deux d’entre elles voient leur image se dégrader auprès du public sur deux aspects à la fois : les centrales nucléaires et les déchets radioactifs. Les centrales nucléaires perdent des places avec le public : 9 sur la confiance (de la 14ème place à la 23ème) et 7 sur la crédibilité (7ème place à la 14ème). Les déchets radioactifs en perdent : 7 sur l’importance du risque (de la 19ème place à la 12ème) et 11 sur la confiance (18ème place à la 7ème)

Pour l’aspect importance du risque, on aurait pu s’attendre à un classement plus perturbé. Seules quatre situations sont touchées en gain ou en perte. Les institutionnels perçoivent un plus grand risque pour : le bruit et les accidents domestiques ; le public pour : les déchets radioactifs et les retombées en France de l’accident de Tchernobyl.

Pour l’aspect vérité, seules les centrales nucléaires ont un classement différent entre les deux groupes. Le public les montre du doigt contrairement aux institutionnels qui jugent l’information fournie plus crédible.

Sur l’aspect confiance, les situations sont plus nombreuses à varier dans le classement :

le public affiche moins de confiance pour cinq d’entre elles : les déchets radioactifs, les installations chimiques, le radon, les maladies professionnelles, les centrales nucléaires ; ces situations concernent des risques collectifs, à portée plus ou moins catastrophique, que les personnes subissent ou qu’elles sentent comme imposés ;

et sur quatre autres : l’obésité des jeunes, l’alcoolisme, la drogue et le tabagisme des jeunes ; le public est plus confiant que les institutionnels. Ces situations représentent des risques individuels, volontaires et contrôlables.

Ce classement vient tordre le cou à l’idée, abondamment utilisée selon laquelle le public ne sait pas évaluer les risques et ne peut pas le faire faute de connaissances scientifiques. Le classement proche entre public et institutionnels sur l’importance du risque prouve le contraire.

Par contre, ils mettent en exergue le manque de confiance du public vis-à-vis des autorités pour gérer des risques sur lesquels il ne peut intervenir ou participer d’une manière ou d’une autre à leur maîtrise.

 

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4 : Définition : ici, une bonne place correspond à une position entre 1 et 13 dans le classement des 27 situations sur l’importance du risque ; une mauvaise place pour un classement compris entre 15 et 27.

La synthèse de l’étude PERPLEX — IRSN & partenaires : Ademe, Afssa, Ifen, Ineris, Inra, InVS — © IRSN - février 2007.