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Chapitre ’Environnement et santé’De l’environnement à l’homme : des indicateurs d’effets, les « espèces sentinelles »
On entend couramment par organismes sentinelles des espèces ou groupe d’espèces végétales ou animales caractéristiques d’un milieu qui présentent une hypersensibilité à un groupe de polluants ou à un toxique donné, cette sensibilité se traduisant par des modifications de la densité de la population de cette espèce et/ ou de l’état de santé des individus. Dans le domaine de la pollution atmosphérique, l’exemple des lichens est bien connu. Dès les années soixante dix, des travaux sur la corrélation entre l’intensité de pollution par le dioxyde de soufre (SO2) et le nombre d’espèces présentes dans les peuplements de lichens ont permis d’établir des cartes d’isoconcentration en SO2 atmosphérique. Aujourd’hui, l’Association française de normalisation (Afnor) crée une nouvelle commission « biosurveillance de l’air » dont les premiers travaux concerneront, en particulier, la mise en place d’une norme relative à ces organismes. Plus récemment, l’observation d’anomalies morphologiques de l’appareil reproductif et de perturbations physiologiques chez les alligators du lac Apopka en Floride ou au sein de populations de poissons et les nombreux travaux relatifs à l’impact des substances chimiques sur les processus endocrines issus de ces observations peuvent conduire à considérer ces espèces comme des organismes sentinelles d’alerte. De la même façon, l’observation d’un amincissement de l’épaisseur coquillière induite dans des populations d’oiseaux sauvages par divers polluants (tels que, par exemple, les insecticides organochlorés) peut amener à assimiler ce phénomène à un système d’alerte de la contamination des écosystèmes par ces substances. Il ne s’agit plus dans ces deux derniers cas de réponse du type présence/absence mais d’altérations plus ou moins marquées de la morphologie et/ou de la physiologie des organismes exposés. Sans se substituer aux tests toxicologiques habituels, ni aux études épidémiologiques, les observations sur des animaux sentinelles choisis, vivant dans des sites contaminés connus mais aussi ailleurs, ont pu et pourront encore jouer un rôle d’alerte irremplaçable et apporter des compléments utiles dans l’évaluation du risque* pour l’homme.
« L’environnement en France » © Ifen - Edition 2006. Chapitre "Environnement et santé" - Coordination : Afsset et Ifen. Rédaction Afsset avec la contribution de l’Ademe, de l’Ineris, du CSTB/OQAI, de l’InVS et de l’Afsset.
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