|
Chapitre ’Environnement et santé’L’asthme et les maladies allergiques respiratoires et immunes
En France, la prévalence de l’asthme se situe à plus de 10 % chez l’enfant et aux alentours de 5 % chez l’adulte. Une importante augmentation de la prévalence de l’asthme a été observée dans la deuxième moitié du XXe siècle chez l’enfant et l’adulte jeune dans de nombreux pays. Ainsi, une étude effectuée en France a montré une augmentation de la prévalence de l’asthme cumulatif (au moins une crise d’asthme au cours de la vie) chez des adultes jeunes (âgés en moyenne de 21 ans) de 3,3 % en 1968 à 5,4 % en 1982 et à 13,9 % en 1992. Cependant, ce type de données est difficile à interpréter, en particulier du fait de l’amélioration du diagnostic. Les modifications de notre environnement sont toutefois suspectées d’avoir joué un rôle dans cette augmentation qui touche également d’autres maladies allergiques comme la rhinite allergique et l’eczéma. Plus récemment, une stabilisation, voire une diminution, de la prévalence de l’asthme a été mise en évidence dans certains pays. L’étiologie de l’asthme reste à ce jour non clairement élucidée. L’asthme résulte d’interactions complexes entre des facteurs génétiques et des facteurs environnementaux. Parmi les facteurs environnementaux évoqués dans le développement d’un asthme dans l’enfance, on peut citer l’exposition au tabac, notamment l’exposition in utero de l’enfant au tabagisme de sa mère. Chez l’adulte, l’exposition professionnelle à de nombreux agents biologiques ou chimiques est responsable de la survenue d’un asthme. Si les facteurs de risque de survenue d’un asthme ne sont pour l’instant que partiellement connus, nombreux sont les facteurs qui ont été identifiés, chez les sujets asthmatiques, comme facteurs déclenchant les crises d’asthme : les allergènes, en particulier les acariens, les infections, les irritants respiratoires (pollution atmosphérique urbaine, pollution de l’air intérieur, tabac). D’autres maladies qui s’accompagnent d’une perturbation du système immunitaire ont connu une augmentation d’incidence concomitante à l’industrialisation et ont peut-être des facteurs de risque environnementaux communs avec l’asthme. Ainsi, « l’hypothèse hygiéniste » selon laquelle une insuffisante stimulation du système immunitaire chez le jeune enfant joue un rôle a été avancée pour des maladies aussi diverses que l’asthme (Ramsey, 2005), la sclérose en plaque (Marrie, 2004) ou les maladies inflammatoires chroniques intestinales telles que la maladie de Crohn (Ekbom, 2004). Références
|