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Chapitre ’Environnement et santé’Environnement et santé reproductive
Un déclin de la qualité du sperme a été rapporté entre 1940 et 1990 dans certaines zones d’Europe (Adami HO, 1994). Même si les problèmes méthodologiques inhérents à ces études les rendent discutables, d’autres manifestations plus tangibles font l’objet d’une littérature abondante comme l’augmentation de l’incidence de pathologies des organes reproducteurs masculins dans certains pays d’Europe, telles que le cancer du testicule et les anomalies du tractus urogénital. Certaines hypothèses impliquant des substances présentes dans l’environnement en général et l’environnement professionnel en particulier sont évoquées : métaux (plomb, cadmium, chrome hexavalent), certains sous-produits de chloration et substances ayant des effets perturbateurs endocriniens tels que plusieurs produits phytosanitaires (organochlorés, 2,4,5 T), dioxines, solvants (benzène, toluène), phtalates (IPCS, 2002 ; Takahashi K. et al., 2004). Les perturbations des processus de la reproduction pourraient aboutir à un grand nombre d’effets observables chez l’homme (cancer du testicule, malformations des organes génitaux externes, variations de la qualité du sperme) et chez la femme (allongement du délai nécessaire à concevoir, avortements spontanés, prématurité, endométriose) (Cordier S. et al., 2003). Face au nombre croissant de substances chimiques présentes dans l’environnement et à leurs effets potentiellement liés à des expositions à long terme à de faibles niveaux de doses, il convient d’améliorer la connaissance des déterminants environnementaux de ces perturbations des fonctions de reproduction. C’est l’objectif de plusieurs études soutenues par l’InVS comme l’Observatoire épidémiologique de la fertilité en France (Bouyer J., Inserm 569) ou l’étude Pélagie (Cordier S., Inserm 625). Parallèlement, il est nécessaire de mettre en place ou de renforcer les systèmes de surveillance (registres des cancers, des malformations congénitales) dont les indicateurs permettraient de suivre dans l’espace et dans le temps l’évolution des effets observés. Références
Adami HO., Bergstrom R., Mohner M., 1994. « Testicular cancer in nine northern European countries », International journal of cancer, vol. 59, n° 1, octobre 1994, pp. 33-38. Bouyer J., Remontet L., Slama R. et al., 2004. « Epidemiology of male reproductive function : a field searching for tools » Revue d’épidémiologie et de santé publique, vol. 52, n° 3, juin 2004, pp. 221-242. Cordier S., Dewailly E., Gérin M. et al., 2003. Environnement et santé publique – Fondements et pratiques. Paris, éditions Tec & Doc. 1 024 p. International Programme on Chemical Safety (IPCS), 2002. Global assessment of the state-of-the-science of endocrine disruptors. World Health Organization, International Labour Organisation, United Nations Environment Programme (disponible en ligne : http://www.who.int/ipcs/en, rubrique « publications » > « endocrine disruptors »). Takahashi K., Hanaoka T., Pan G., 2004. « Male Reproductive Health in Relation to Occupational Exposure to Endocrine Disrupting and Other Potent Chemicals, A Review of the Epidemiologic Literature », Journal of University of Occupational and Environmental Health, vol. 26, n° 1, pp. 23-40.
« L’environnement en France » © Ifen - Edition 2006. Chapitre "Environnement et santé" - Coordination : Afsset et Ifen. Rédaction Afsset avec la contribution de l’Ademe, de l’Ineris, du CSTB/OQAI, de l’InVS et de l’Afsset.
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