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Chapitre ’Environnement et santé’> Les nanoparticules
Présentes depuis longtemps dans l’environnement, les particules ultrafines n’ont été caractérisées que depuis peu (émissions des moteurs diesel). Leur petite taille (de l’ordre de 1 à 100 nanomètres30 ou moins) leur confère des capacités de transfert entre les milieux et peut permettre le franchissement de barrières biologiques. Surtout, elle modifie les propriétés physiques et chimiques des matériaux et substances en question. C’est d’ailleurs la découverte de telles propriétés (la catalyse, les propriétés magnétiques, les possibilités d’interfaçage avec des composés bio-organiques…) qui a conduit au développement de nanotechnologies et de nanomatériaux. Des particules ultrafines peuvent être fabriquées, on parle alors de nanoparticules ou nanoobjets qui prennent des formes variées : fils, tubes ou sphères et se présentent sous la forme de poudres31 . Les expositions de l’homme aux particules fines ont trois origines : les émissions naturelles ou « renforcées » par l’homme (par exemple, les poussières de carrières) ; les émissions de produits indésirables des activités humaines dont l’impact en santé publique a fait l’objet ces dernières années de controverses scientifiques (les effets des particules fines issues de combustion, notamment les particules diesel, sont aujourd’hui admis même si les mécanismes d’action sont loin d’être pleinement compris) ; l’utilisation des nanotechnologies et la fabrication de nanoparticules pour lesquelles on considère souvent le risque du procédé (risques accidentels d’explosion, d’incendie et de pénétration dans les systèmes de contrôle commande) et pour lesquelles on applique le principe de précaution pour la protection des travailleurs en pratiquant le confinement. Les dangers potentiels des nanoparticules les plus souvent cités relèvent de la toxicité* et de l’écotoxicité. De nombreux programmes de recherche sont conduits aux États-Unis, au Canada, en Europe32, mais beaucoup d’interrogations demeurent sur les mécanismes susceptibles de gouverner cette toxicité, les voies de pénétration dans l’organisme et les transferts secondaires possibles. L’ampleur et la rapidité du développement des nanotechnologies dans de nombreux secteurs (chimie, médecine, pharmacie, cosmétique, électronique…) et la nature de cette « révolution » technique suscitent des interrogations des citoyens sur l’importance du risque sanitaire à court et à long termes. Les questions qui sont actuellement traitées en terme de connaissance scientifique, de métrologie, de dispositifs de surveillance et de prévention en milieu professionnel comme dans l’environnement général, font aussi l’objet de fortes demandes en matière d’information et de participation du public.
30 – Le nanomètre est le milliardième du mètre. 31 – Commissariat à l’énergie atomique, 2005. « Les nanotechnologies en débat », Clefs CEA, n° 52, été 2005, pp. 119-125 32 – Par exemple, les programmes européens Nanoderme (sur les transferts à travers la peau), Nanopathology (sur les interactions avec le corps humain) et NanoSafe2 (dédié aux risques liés à la production industrielle) initié par le CEA.
« L’environnement en France » © Ifen - Edition 2006. Chapitre "Environnement et santé" - Coordination : Afsset et Ifen. Rédaction Afsset avec la contribution de l’Ademe, de l’Ineris, du CSTB/OQAI, de l’InVS et de l’Afsset.
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