Chapitre ’Environnement et santé’

> Les champs électromagnétiques

 

Les champs de fréquences extrêmement basses ou ELF

Les sources de champs électromagnétiques ELF (Extremely Low Frequency) sont très nombreuses, tant à l’extérieur (lignes électriques, câbles souterrains, transformateurs, voies ferrées, éclairage public…) qu’à l’intérieur où des champs sont générés par les installations électriques et les divers appareils d’usage courant (lampes, appareils électroménagers, écrans d’ordinateur, photocopieuses, fax, etc.).

L’essentiel des recherches sur les effets biologiques de ces champs porte sur les champs magnétiques car, en raison de sa nature alternative, le champ magnétique ELF génère des courants électriques dans l’organisme. Ce sont ces courants qui sont potentiellement à la source d’effets biologiques ou sanitaires.

Sur la base d’associations statistiquement significatives et concordantes entre les champs magnétiques domestiques les plus élevés et un doublement du risque de leucémie chez l’enfant exposé de manière continue à des champs ELF d’intensité élevée, le Circ a conclu, selon sa classification, que les champs magnétiques ELF sont « peut-être cancérogènes pour l’homme »27. Aucune explication scientifique satisfaisante n’a pu être trouvée à cette relation et aucun lien n’a été mis en évidence entre l’exposition aux ELF et d’autres formes de cancer chez l’enfant ni une quelconque forme de cancer chez l’adulte. Par ailleurs, des incertitudes persistent sur certaines maladies neurodégénératives rares lors d’expositions professionnelles.

 

Les champs de radiofréquences

Les champs de radiofréquences sont également très présents dans notre environnement quotidien : télévision, radio, téléphonie mobile, divers appareillages professionnels, etc. Des champs de forte puissance sont connus depuis longtemps pour présenter un risque pour la santé en raison de leurs effets thermiques entraînant des brûlures internes. C’est ce qui a conduit à fixer des valeurs limites d’exposition du public et des travailleurs.

En ce qui concerne les effets des champs au-dessous de ces valeurs limites, les nombreux travaux scientifiques actuellement disponibles n’apportent pas d’argument convaincant en faveur de l’existence d’un risque de cancer ou d’autre pathologie. Les études épidémiologiques conduites autour d’émetteurs de radio ou de télévision (champs auxquels nous sommes exposés depuis des dizaines d’années), à la recherche d’effet sur la santé et portant sur des échantillons de population importants, ont conduit à des résultats non conclusifs. Rien n’indique à ce jour qu’il en soit autrement pour les ondes émises par les stations de base de téléphonie mobile (ou antennes relais) dont la puissance est plus faible.

Les travaux épidémiologiques et, surtout, les travaux expérimentaux récents sur les effets de l’exposition aux ondes émises par les téléphones mobiles ne permettent pas non plus de conclure sur leur caractère nocif, en l’état actuel des connaissances28. Ces travaux confirment en particulier que, aux niveaux de puissance employés dans la téléphonie mobile, les rayonnements ne sont pas génotoxiques*. Cependant, bien que l’essentiel des études épidémiologiques déjà publiées tende à réfuter l’existence d’un risque de cancer du cerveau ou d’autres formes de cancer chez l’homme, le recul disponible à ce jour est encore insuffisant pour exclure cette hypothèse. Les résultats globaux de l’étude internationale « Interphone », coordonnée par le Circ, sont en cours de publication. Ils n’indiquent pas à ce jour de risque accru de cancer du cerveau. Cependant, certaines autres manifestations non cancéreuses ont été observées, invitant à poursuivre les recherches et, dans l’attente, à recommander des mesures de précaution29.

 


27 – International Agency for Research on Cancer, 2002. « Non-ionizing Radiation, Part I : Static and Extremly Low Frequency (ELF) Electric and Magnetic Fields », IARC Monographs on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans, vol. 80, 2002, 429 p.

28 – Agence française de sécurité sanitaire environnementale, 2005. « Téléphonie mobile et santé » (rapport du groupe d’expert, sous la présidence de Hours M.). Maisons-Alfort, Afsse. 128 p.

29 – Avis de l’Afsset sur la téléphonie mobile, juin 2005. Voir : http://www. afsset.fr

 

« L’environnement en France » © Ifen - Edition 2006. Chapitre "Environnement et santé" - Coordination : Afsset et Ifen. Rédaction Afsset avec la contribution de l’Ademe, de l’Ineris, du CSTB/OQAI, de l’InVS et de l’Afsset.