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Chapitre ’Environnement et santé’> L’air intérieur : une préoccupation récente
L’air intérieur est au coeur de plusieurs problématiques dont certaines, aux effets graves, sont relativement bien documentées (amiante, légionelles, radon, tabagisme, monoxyde de carbone). Les connaissances sur les risques liés à d’autres polluants également présents dans les environnements intérieurs sont plus éparses et font l’objet d’une préoccupation plus récente. Conçu comme un abri et une protection contre les aléas* extérieurs, le bâtiment est aujourd’hui étudié comme une source possible de stress environnemental pour les gens qui y vivent. Du fait de la diversité en nature et en intensité des sources de contaminations identifiées à l’intérieur des bâtiments, de nombreux effets sur la santé associés à la pollution intérieure ont pu être documentés. Aux problèmes plus anciens, relatifs aux intoxications par le monoxyde de carbone ou à la tuberculose a succédé une vision plus générale de la pollution de l’air intérieur, considérée globalement comme une menace pour la santé publique. Parmi les impacts sanitaires de la pollution de l’air intérieur, on citera : les infections comme l’aspergillose, les cancers (en particulier cancers du poumon liés à l’exposition passive à la fumée du tabac, au radon et à l’amiante), les allergies et autres réactions d’hypersensibilité associées notamment à la présence d’allergènes (allergènes d’acariens, de chats et de chiens ou de moisissures) ou de composés organiques volatils ainsi que les symptômes diffus du type irritations, sensation de malaise, d’inconfort ou de manque d’air associés à une gêne olfactive, regroupés sous le vocable de syndrome des bâtiments malsains (SBS). Deux actions prioritaires inscrites au PNSE sont en cours dans ce domaine. L’Observatoire de la qualité de l’air intérieur (OQAI) est chargé de dresser l’état des lieux des pollutions intérieures. Il apporte une meilleure connaissance des niveaux d’exposition des populations à la pollution pour l’évaluation des risques sanitaires et en identifie les facteurs prédictifs (substances, agents et situations qui affectent la qualité de l’air intérieur des bâtiments) afin d’élaborer des mesures de prévention (mise au point de recommandations et proposition de pistes de renforcement de la réglementation). Une première campagne nationale de mesures menée par l’OQAI a été engagée sur un échantillon de 700 logements représentatif du parc de la France continentale métropolitaine afin d’être en mesure de dresser un premier état des lieux courant 2006. Un programme d’actions a été engagé en 2005 sur les lieux de vie fréquentés par les enfants et se poursuivra sur les bâtiments de bureaux. Un inventaire des données disponibles en France et à l’étranger ainsi qu’une hiérarchisation des polluants sur la base de leurs impacts sanitaires ont également été effectués25 , permettant à un groupe de travail piloté par l’Afsset et le Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) de proposer des valeurs guides pour prévenir les impacts sanitaires des polluants majeurs de l’air intérieur. Par ailleurs, il est entrepris de promouvoir l’utilisation de produits et de matériaux ayant de faibles niveaux d’émissions de polluants, grâce à la mise en place d’un étiquetage informatif, concernant dans un premier temps les composés organiques volatils et le formaldéhyde. À l’horizon 2010, la moitié des produits de construction mis sur le marché devraient être ainsi étiquetés, l’État et les collectivités étant invités à montrer l’exemple pour la réalisation de leurs bâtiments. Une base de données de référence a été constituée sur les caractéristiques environnementales et sanitaires des produits de construction26.
25 – http://www.air-interieur.org 26 – http://www.inies.fr
« L’environnement en France » © Ifen - Edition 2006. Chapitre "Environnement et santé" - Coordination : Afsset et Ifen. Rédaction Afsset avec la contribution de l’Ademe, de l’Ineris, du CSTB/OQAI, de l’InVS et de l’Afsset.
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