Perception du risque et participation du public

Evolution de la perception et de la communication sur les risques

Un court rappel historique permet de comprendre plus facilement comment s’est construite la notion de perception. Aux débuts de la contestation antinucléaire aux Etats-Unis, les premières estimations quantifiées du risque (études probabilistes sur une centrale avec le fameux rapport Rassmussen en 1975) avaient fait apparaître un risque jugé faible par les techniciens. L’acceptation de l’industrie nucléaire ne s’était pas améliorée pour autant et les experts avaient conclu à une distorsion entre le risque objectif calculé par eux et le risque perçu par le public. La fin des années soixante a ainsi vu naître la notion de perception des risques.

Trois hypothèses majeures fondaient aux Etats-Unis l’attitude des experts par rapport au public :

  • les centrales nucléaires (et plus tard d’autres industries à risque) ne sont pas acceptées parce que le risque est perçu comme trop élevé ;
  • le public se distingue des experts par une perception des risques qui ne reflète pas les estimations objectives ;
  • la communication d’informations sur les risques doit permettre de corriger ces erreurs de perception.

La perception était donc vue essentiellement comme un phénomène de distorsion, qu’il était possible et nécessaire de corriger. Cette vision, suite notamment à l’émergence de diverses crises et à la reconnaissance des incertitudes scientifiques inhérentes à de nombreuses évaluations, s’est avérée de plus en plus contestée par les citoyens. Les recherches réalisées en sciences sociales depuis cette époque ont fait émerger une idée assez différente de la perception des risques. Elles ont contredit ces premières approches et abouti au développement d’un champ d’investigation scientifique sur ces sujets. De leur côté, les gestionnaires de risques ont été progressivement amenés à faire évoluer leurs stratégies de communication et de dialogue avec les populations concernées (voir encadré ci-contre).

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© Afsset, juillet 2006, rédacteur : Benoit Vergriette. Remerciements pour relecture à : P Hubert (Ineris), R Demillac (ENSP). Photo : Gettyimages.

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